LILLE (Reuters) - Roselyne Godard, une des 13 personnes acquittées dans l'affaire de pédophilie d'Outreau, annonce qu'elle a finalement décidé de venir témoigner mercredi devant la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire.
L'ancienne commerçante ambulante surnommée "la boulangère", écrouée durant 16 mois pendant l'affaire, a cependant vivement dénoncé la menace de sanction accompagnant sa convocation.
Il y est question d'une possible sanction de deux ans de prison et 7.500 euros d'amende en cas de refus de déférer à la convocation.
"Je viendrais donc contrainte, forcée et en colère. Nous sommes victimes de la justice, nous avons fait de la prison pour rien, sans raison et on nous menace à nouveau. J'en ai assez", a-t-elle dit à la presse.
Roselyne Godard avait initialement annoncé qu'elle ne viendrait pas à l'Assemblée en raison du huis clos ordonné par la commission d'enquête pour les auditions.
André Vallini, le président (PS) de la commission d'enquête a précisé que la menace d'une incarcération était une mention de pure forme figurant dans les lettres-types de convocations.
"La formulation de la convocation est lapidaire et bureaucratique, mais c'est la loi qui le prévoit. Si elle ne veut pas venir, nous n'enverrons pas les gendarmes pour la chercher, et elle n'ira pas en prison pour cela" , a-t-il dit à France bleue Nord.
Roselyne Godard et les douze autres acquittés d'Outreau seront entendus mercredi à Paris par la commission d'enquête. Les auditions seront ouvertes à la presse, a finalement annoncé la commission vendredi.
Les avocats des acquittés, qui doivent être entendus jeudi, ont engagé une autre polémique en estimant que la commission n'avait pas prévu assez de temps pour des auditions approfondies.
La commission a répondu qu'ils seraient entendus "aussi longuement que nécessaire". Elle doit faire d'ici juin des propositions de réforme de la justice.